La Petite figue rouge

Clafoutis aux figues et à la vanille Bourbon
moelleux humide fruité floral laitier


    Cachée derrière les feuilles des arbres, elle se montre timide. Discrète. Silencieuse. Juste observée, nous savons alors peu de choses sur elle. A la cueillette peut-être se dévoile-t-elle un peu plus, lorsque son enveloppe, ferme, caresse votre peau et que sa rondeur s'unit à la paume de votre main. Lorsque vous la touchez, vous pouvez d'ores et déjà imaginer sa chair, tant elle paraît moelleuse. Au moment de la croquer, sa pulpe pourpre pétillante vous est dévoilée, pleine de promesses, et vos dents, vos lèvres, embrassent un délice aux douceurs sucrées.

La vie devant soi

Coulants au chocolat noir
moelleux chocolaté crémeux beurré fondant


    Synonymes pour nous d'insouciance, de rires et de joie, ces douceurs demeurent un écho à l'enfance, lorsque nous les préparions nous-même et les dévorions de plaisir quelques après-midis. Difficile était l'attente quand le parfum chocolaté et beurré embaumait la cuisine et envoûtait nos narines. Mais quelle joie explosait alors au moment de les goûter. Il n'y en avait pour nous jamais assez.

La preuve par la mélasse

Muhammara
épicé croquant boisé humide vert herbacé granuleux


    C'est lors d'un voyage en République Tchèque, plus précisément à Prague, dans un délicieux restaurant du quartier Vinohrady, à quelques pas pressés de notre appartement, que j'ai eu ma première fois avec le muhammaraS'il n'y a pas de saison pour manger buchtykolachekremrole ou vetrnik n'est-ce pas, ce jour là le soleil régnait tellement dans son royaume, contredit par nul nuage, que kulajdagoulash ou svickova n'étaient pas d'occasion... Un soir alors, le muhammara fut une expérience des plus plaisantes. Peut-être un drôle de lieu pour découvrir un mets syrien mais le muhammara s'apprécie, que dis-je, s'adore, partout.

    Syrien donc, le muhammara l'est et le demeure. Cette purée de poivrons rôtis, aux notes boisées apportées par les noix, fruitées et sucrées amenées par la mélasse de grenade, épicées données par le piment et le cumin, est un délice en bouche. Chaud, suave, laissez-vous voyager.

Les pitas de lumière

Pains pitas
moelleux


    Vous ai-je déjà chanté mon amour des gastronomies turque, grecque, levantines ? Un art coloré aussi bien pour les pupilles que pour les papilles, un art varié, un art généreux, voilà trois de leurs nombreuses promesses.

    Les pains pitas font partie des bonheurs de ces cuisines, tant moelleux lorsqu'ils ont un peu de mie que nous pourrions y poser nos pensées pour mieux rêver. Dégustez-les avec du hummus (ici), du tzatziki (ici), du muhammara (ici), garnissez-les de falafels, de fromage halloumi. Profitez-en avec tout autre mets cousin qui ensoleillera vos papilles.

Une courge d'amour

Gâteau aux graines de courge torréfiées, abricots Bergeron rôtis et crème fouettée
moelleux fondant boisé laitier humide crémeux fruité mousseux aéré


    A merveille, les graines de courge, les abricots rôtis et la crème fouettée se marient. Dégusté d'abord seul, le gâteau se révèle être une gourmandise aux saveurs boisées uniques, qui étonne le palais - habitué aux amandes ou aux noisettes - et l'enchante. Dégusté avec un fragment d'abricot rôti, la légère acidité sucrée de l'abricot contraste avec la rondeur de la graine. Dégusté avec un brin de crème, c'est une ronde douceur qui s'offre à vous. Aucune raison alors de ne pas se laisser charmer.

    Et si, vous aussi, la générosité vous prend au moment de servir la crème fouettée, vous pourrez, comme nous, la déguster seule avec les doigts. 


Vingt mille lieues sous les chouquettes

Chouquettes au grué de cacao
moelleux aérien croquant cacaoté


    La pâtisserie est un art aux mille promesses. Douceur, réconfort, générosité, plaisir ou gourmandise demeurent après les années quelques unes de ses nombreuses paroles. Elle stimule chaque sens, du premier au dernier. Plus que les exciter elle les touche et les bouleverse. Elle émeut vos pupilles, trouble votre ouïe, attire vos narines, embrasse vos lèvres et charme vos papilles. La pâtisserie offre une part de magie, tant merveilleuse elle est.

    Les choux épousent cette singulière magie. Lorsque ces tendresses bronzent sous le soleil, ils se bombent tellement sous sa chaleur qu'ils semblent pouvoir croître éternellement. Et même si nous savons que ce gonflement est dû au changement d'état de l'eau présente dans la pâte en vapeur qui, cherchant à s'échapper va alors faire gonfler ces petits bonheurs, peut-être l'oublions-nous volontairement ou involontairement un instant pour toujours nous laisser porter par ce qui s'opère sous nos yeux scrutateurs. Un oubli pour une impressionnante émotion magique.

    Quand vous vous régalez de choux, vous vous régalez de magie.


La cerise au bois dormant

Clafoutis aux cerises Burlat
fruité crémeux laitier fondant boisé humide moelleux


    Les premiers jours après le solstice nous ont offert les derniers moments burlats. Rien de tel alors qu'un classique estival pour profiter des dernières pourpres adorées.

Astérix chez les Bretons

Tarte aux fraises de Plougastel, sarrasin et crème pâtissière
fruité acidulé croquant beurré boisé fondant humide crémeux


    J'aime à connaître l'histoire et les histoires de la gastronomie, l'histoire et les histoires culinaires. Celles des terroirs et celles des régions. Celles des peuples et celles des cultures. Celles des produits et celles des mets. Celles des chefs et celles des cheffes. De la découverte du feu à aujourd'hui, j'aime à connaître les origines, les évolutions, les tourments, les virages, les provenances, les anecdotes, les découvertes, les ères, les modes... Tellement que, quand, joyeusement, je croque dans une fraise, mon esprit se perd souvent à penser à Antoine Nicolas Duchesne, ce botaniste qui découvre par hasard en 1740 que l'association d'un fraisier du Chili, le Fragaria chiloensis, et d'un fraisier de Virginie, le Fragaria virginiana, donne des fraisiers ananas, le fameux Fragaria x ananassa, fraisiers dont découlent la plupart de nos fraises d'aujourd'hui. La ville de Plougastel profite d'ailleurs de cette hybride spontané pour en devenir le premier lieu de production... et ainsi naquit la "fraise de Plougastel".
    Cependant tout cela ne serait pas arrivé sans l'explorateur bien connu Jacques Cartier : c'est ce monsieur qui, au XVIe siècle, nous ramène des fraisiers de Virginie lors de ses explorations au Canada... Visionnaire peut-être, possiblement gourmand, ma foi je ne le connais pas personnellement. Mais tout cela ne se serait pas produit non plus sans Amédée François Frézier. Car cet ingénieur navigateur explorateur cartographe et botaniste qui porte bien son nom est l'homme qui nous rapporte en 1714 des plants de fraisiers du Chili. Certes, il nous remet des fraisiers mâles et infertiles, mais cela reste grâce à lui si des plants fécondables seront ramenés plusieurs décennies plus tard, plants qui participeront alors à l'inattendu hybride.

    J'aime à connaître l'histoire et les histoires. Tellement que, quand, joyeusement, je croque dans une fraise, mon esprit souvent remercie Jacques Cartier, Amédée François Frézier et Antoine Nicolas Duchesne.

Le Loup de Wall Street

Trader ou financier géant aux framboises et kasha
moelleux fruité croustillant beurré acidulé humide floral boisé


   Avec les financiers les pupilles se raniment... elles émergent de leur sommeil... doucement... Puis elles s'émeuvent... puis elles papillottent d'envie. D'un coup elles sautent ! Comme ça ! Haut ! Oui comme ça ! Elles bondissent ! Très haut ! Elles rebondissent ! Encore plus haut ! Si haut qu'elles font trembler Iris ! Iris pleure de délice. Puis les papilles s'affolent. Elles trépignent. Enthousiastes. Impatientes. Elles s'élancent ! Elles volent ! Elles aussi tellement bondissent qu'elles touchent le plafond ! Elles réveillent tout le palais assoupi. Tout le monde y dormait. Paisiblement. Mais elles chantent la gloire de ces douceurs. Elles louent fort. Elles célèbrent. Le chœur fait résonner le château tout entier. Tout le corps du palais reprend vie. Puis les désirés invités entrent. Le palais dansent. Il suit le rythme de la gourmandise. De joie il fait palpiter le cœur. 


L'oeuf et le sabre

Tartines de purée de carottes nouvelles au miso blanc et œuf mollet
moelleux fondant boisé sulfuré crémeux



    Dans sa simplicité, je préfère l’œuf. Lorsque nous pouvons d'abord contempler le crémeux de son astre et la blanche pureté de son ciel dégagé, pour ensuite le déguster au calme dans notre propre nid douillet.

Comme il vous plaira

Crème anglaise
onctueux laitier floral crémeux


    Inutile aujourd'hui de présenter la crème anglaise, cette soyeuse et gourmande sauce sucrée magique dont nous nous régalons avec un gâteau au yaourt (ici), une île flottante, un gâteau au chocolat, des fruits frais, ou comme sous mon toit avec des Petit-Beurre LU voire juste à la petite cuillère...

    Bien floue demeure l'histoire de la crème anglaise. Si certains aiment penser qu'elle a été découverte par les Français au XVIe siècle à la cour d'Angleterre puis ramenée dans l'Hexagone par la suite, d'autres préfèrent croire que cette crème anglaise n'a d'anglais que le nom puisque ce serait des cuisiniers Français qui l'auraient ramenée dans leurs petites malles à la cour d'Angleterre et d'autres supposent encore que l'inventeur ne serait que Marie-Antoine (dit Antonin) Carême...

    A vous alors de voir l'histoire que vous adoptez. Peut-être avez-vous même d'autres pistes dont je n'ai pas connaissance. Ce qui reste néanmoins certain, c'est que nous l'adorons, cette crème, anglaise ou non.

Encore un pain de pâte de guimauve

Guimauves Inspiration Fraise Valrhona
moelleux spongieux fruité


    Parfois j'ai la trouille. Des trouilles sans raison. Des sottes. Des irrationnelles. Absurdes. Construites sur du vide. J'ai des frousses comme ça. Pas vous ? Parfois je me demande si vous aussi. Quand j'étais petite j'avais des peurs. Ni sans raison ni sottes ni irrationnelles ni absurdes ni construites sur du vide. Juste de mon âge. J'avais peur du noir. Du monstre sous mon lit. Et de celui derrière les rideaux aussi. De la sorcière au-dessus de chez ma mamy. Des clowns. Bon d'accord aujourd'hui j'ai toujours peur des clowns. Mais adulte on a d'autres peurs. Pourtant la plupart du temps on est capable de savoir si elles sont sans raison. Moi par exemple avant j'avais la trouille de faire des guimauves. Je sais pas pourquoi. Sirop de glucose ça me faisait froid dans le dos. Ça faisait tout de suite compliqué. Je sais pas pourquoi non plus. Puis aujourd'hui je suis tombée sur une recette de guimauve. J'ai réfléchi un peu. C'est que de la meringue avec de la gélatine après tout. Du coup j'ai sorti mes blancs d’œufs du réfrigérateur et je me suis mis un coup de pied aux fesses un peu. Puis finalement c'était pas sorcier du tout. C'était même rigolo. J'aurais pu continuer à les couper et à les enrober toute la journée. C'était bon aussi. Avec son spongieux et sa saveur de fraise confiturée.

    Si vous aussi Bibendum Chamallow de Ghostbusters vous a donné et vous donne peut-être encore faim, ces régressives guimauves vous plairont.

Les nourritures terrestres

Macarons au chocolat noir et thé Lapsang Souchong
croustillant chocolaté boisé fondant moelleux


     Une fois l'envie de macarons et les fournées débutées, clore l'appétit est parfois chose difficile. Alors nous poursuivons notre activité, presque devenue mission. Il nous faut cette petite touche sucrée si appréciée, les macarons au Roquefort et confit de Montbazillac (ici) ne suffisant plus. Pour assouvir notre désir, des dizaines de macarons existent. Citons parmi les plus connus les macarons de Nancy, de Saint-Emilion, d'Amiens, de Cormery, de Boulay ou encore de Saint-Jean-de-Luz. N'omettons pas les macarons Gerbet aussi nommés macarons parisiens qui, même si tous les macarons restent de gourmands enchanteurs, restent chez Gastelovore nos adorés.

   Voilà donc ces macarons Gerbet au chocolat noir Guanaja et au sublime Lapsang Souchong. Ce dernier, aussi connu sous le nom de Zheng Shan Xiao Zhong, est un thé noir fumé du Fujian, province chinoise en face de Taïwan. A la liqueur ambrée, non astringent et doté d'une très légère amertume, le Lapsang Souchong est un thé des plus suaves. Comme les autres thés noirs, les feuilles fraîches de ce thé sont d'abord flétries, roulées et entièrement oxydées avant de subir la dessiccation pour stopper l'oxydation. Néanmoins, pour jouir de son charme, les feuilles d'un futur thé fumé sont légèrement grillées puis posées sur des claies de bambou au-dessus d'un feu de racines pendant plus ou moins de temps, selon le degré de fumage souhaité. L'étape ultime n'est autre que l'infusion et l'appréciation de ce nectar à la célébrité aussi forte que sa personnalité malheureusement parfois mal aimée.

    Goûtez alors à ces macarons, où le chocolat et le thé se mêlent pour une petite douceur aussi gourmande qu'étonnante.

A quoi rêvent les cakes au citron

Cake au citron de Menton de Julie Andrieu
moelleux beurré agrume acidulé


    Une perle culinaire d'un coin presque intime tant il est petit des Alpes-Maritimes, le citron de Menton le demeure certainement.

    Si nous tentons de résumer qui il est, il se révèle, comme nous le savons, agrume, et plus précisément de la famille des rutaceae - les rutacées étant des végétaux producteurs d'huiles essentielles. Doté en 2015 d'une Indication Géographique Protégé (I.G.P.) qui assure son origine géographique citée plus haut, le savoir-faire qu'il requiert et sa qualité, il ne peut provenir que des espèces de citrons Adamo, Cerza, Eureka, Santa Teresa et Menton. Inutile donc de chercher ailleurs. Concernant sa couleur, que l'agrume obtient sur l'arbre, il s'avère selon sa cueillette et les saisons parfois clair ou parfois verdâtre, tantôt vif ou tantôt intense et lumineux. Lors de la froideur des nuits hivernales il apparaît par exemple d'un jaune vif, presque fluorescent. Du côté de sa collecte, il reste recueilli à la main tout au long de l'année, primeur ou à maturité, et ne reçoit aucun traitement chimique après récolte. Si vous touchez à son écorce, et cela quel que soit son diamètre imposé par l'I.G.P. entre 53 et 90 millimètres, vous vous rendrez compte qu'elle se montre très attachée à son tout, et si vous parvenez à l'ôter, vous découvrirez un agrume composé d'au moins 25% de jus tant il est ruisselant lorsque vous le presserez. Sa chair, elle, tout aussi parfumée que son jus, possède un caractère bien prononcé qui offre des saveurs de citronnelle. A partir de tout cela, l'agrume semble promettre bien des gourmandises.

    Mais le citron de Menton, d'où vient-il ? Si nous résumons maintenant brièvement l'histoire de cet agrume, nous apprenons que s'il fleurissait principalement des figuiers, vignes et céréales dans la ville de Menton jusqu'au XIVe siècle, il arriva oliviers et agrumes à partir du XVe. C'est en 1471 qu'apparaît la première mention d'une terre composée de 67 citronniers. Une vingtaine d'années plus tard, en 1495, se manifestera la première trace d'une exportation de citrons au duc d'Orléans de l'époque qui n'est autre que Louis XII, le prédécesseur de François Ier. Il semble s'ensuivre ensuite la fortune de l'agrume, du XVIIe au XIXe siècle, où seront exportés plus de trente millions de citrons par an vers l'Amérique du Nord ou la Russie tout en passant par l'Angleterre. Néanmoins, sa culture paraît s'affaiblir dès la seconde moitié du XIXe où débute une période de maladies et d'intempéries mêlée à l'exode agricole et au développement urbain qui affaiblissent, petit à petit, la culture de l'agrume qui se fait de plus en plus rare. Mais si l'âge d'or du citron de Menton demeure éteint, le feu semble doucement renaître de ses cendres à partir de 1875 lors de la création mentonnaise de la fête du citron, se déroulant une année par ci ou une année par là. Voyant l'attrait de la rencontre diminuer, l'événement créera en 1928 une exposition de fleurs et d'agrumes qui, face à la réussite du rendez-vous, nommera officiellement l'événement Fête du Citron en 1934. Deux ans plus tard, en 1936, la Fête du Citron et son exposition ne cesseront de revenir chaque année, excepté lors de la Seconde Guerre. Aujourd'hui, le citron de Menton et la passion qu'il génère vivent toujours.

    Voilà la brève histoire du citron de Menton.

    De ce bijou Julie Andrieu en a concocté un cake. Et le cake ? me demandez-vous ? Ô le cake il est fort bon.

Le brownie qui rêvait

Fudgy brownie au chocolat noir et noix de coco
dense beurré fondant chocolaté fruité crémeux


   Il n'est pas chose nouvelle que l'union du chocolat noir et de la noix de coco demeure un mariage heureux. Chez Gastelovore, nous l'aimons d'ailleurs infiniment, comme ici. Si cette pure merveille se mérite, puisqu'il faut une certaine patience pour l'ouvrir et alors s'émerveiller de ses secrets, la mystérieuse se révèle d'une profonde et inépuisable tendresse, aux odeurs et saveurs exotiques si crémeuses que nous rêverions presque de nous y baigner. Pour toucher au songe, il reste possible de la cuisiner. A elle alors, de se baigner en vous.

Ne pariez jamais votre cheesecake au diable

Cheesecakes individuels aux fraises Gariguette, vanille Bourbon et mascarpone
crémeux laitier croustillant fromager humide beurré fruité floral onctueux fondant acidulé


    Si vous aussi lorsque vous trouvez un cheesecake au pied de votre porte vous ne pouvez pas vous contenir de le manger alors qu'il a été commandé chez Mama's Little Bakery par Mrs. Braverman, la voisine du dessous, car le postier s'est trompé d'étage, et si vous aussi, vous seriez capable de le manger, tant il reste crémeux, alors qu'il est tombé de votre assiette dans le palier, alors à vous aussi ce cheesecake plaira.

Le Trésor de Rackham le Bleu

Macarons au Bleu d'Auvergne et confit de Monbazillac
croustillant fondant crémeux fromager


    Il a sauté le printemps, le temps. Hiver, été. Il a oublié le printemps. Pull épais, tout petit chiffon. Il a voulu donner de quoi bûcher à la météorologie. Potasse, potasse, qu'il a dit. On se serait cru sous les tilleuls de la promenade des bons soirs de juin. Alors pendant que l'autre étudie la saison et le calendrier moi j'ai anticipé les apéros d'été.


Dessine-moi un macaron parisien

Coques de macaron de Christophe Felder : meringues française et italienne
croustillant fondant


    Macaron. A l'entente de ce nom mes sens s'expriment avec émoi. Emoi troublé. Emoi agréable. Emoi charmant. Délicieux émoi. Emoi gourmand. Impatient émoi.

    Si ma première rencontre gustative avec ces douceurs eut lieu peu après mes dix ans, ma première aventure technique eut lieu à mes quatorze ans. Déjà à l'époque je flânais dans une librairie quand ma flamme pour les macarons se révéla. Devant moi, mon tout premier livre de Christophe Felder, Les Meilleurs macarons, aux éditions Minerva.  Après de longues années à acheter des bonbons à la sortie de l'école, ce petit livre fut l'un des premiers ouvrages culinaires acheté avec mon argent de poche. Je me remémore avec plaisir et sourire le fier petit air qui me gagnait sur le chemin du retour, le précieux une fois mien. Côté papilles, j'avais choisi les macarons au cassis, avec une ganache seulement composée de chocolat blanc et de cassis frais. Bien que le chocolat blanc n'était déjà pas mon grand ami, l'idée du cassis me séduisit. Comme je me souviens de ma toute première fournée de macarons... un fragment de collerette par ci par là, une coque fendillée ici, une coque étalée là, une coque étalée fendillée sans collerette plus loin... de réussi par rapport à la recette, il n'y avait que la ganache, bien que trop sucrée à mon goût. Après cette première tentative, mes lectures étaient essentiellement consacrées aux macarons et régulièrement je m'y appliquais, après l'école, après le solfège ou l'orchestre, ou le week-end. Je m'y dévouais et parfois même j'abandonnais mes pensées d'adolescente, derrière moi.

    Depuis ces temps là, mon fanatique enthousiasme pour les macarons ne m'a pas quittée. Ô mais parfois quand l'humeur n'est pas là, une petite coque craquelle encore.

    Tandis que certains adoptent la meringue italienne, certains choisissent la meringue française et certains encore, moins souvent ou peut-être plus rarement, la meringue suisse. Ici, chez Gastelovore, nous naviguons entre l'italienne et la française, selon le vent. Tantôt l'italienne si notre attente de la petite douceur reste endurante à la préparation d'un sirop, tantôt la française quand nous virons de bord et que nous préférons incorporer le sucre à froid par paresse. Cependant, si la première est plus longue, la seconde est plus fragile... à vous donc de choisir.

    Contrairement à ce que nous pourrions penser, réaliser des macarons n'est pas sorcier mais cela requiert d'être aux petits soins. Videz-vous l'esprit et ne faites rien d'autre à côté. Soyez concentré, car organisation, calme et rigueur demeurent les maîtres mots lors de la préparation de ces délicates petites gâteries qui restent néanmoins capricieuses. Ne soyez pas pressés, prenez le temps de choisir des ingrédients de qualité que vous travaillerez avec un matériel précis et adéquat. Peut-être vos premières fournées seront-elles manquées, mais ce ne sera pas un échec car plus vous réaliserez de macarons, plus vous travaillerez, plus vous perfectionnerez vos connaissances et vos gestes. Alors inspirez, expirez, lancez-vous et régalez-vous.

La maison de la châtaigne-qui-pelote

Cake aux deux pommes et à la châtaigne
moelleux humide fruité boisé fondant


    Comme le printemps semble déguisé en automne et quelque peu grognon, il est encore temps de profiter d'un gâteau aux saveurs de l'arrière-saison.

Le parfum : histoire d'un hamburger

Hamburger de boeuf, Ossau-Iraty et confiture de cerises noires
moelleux carné fromager fruité


    Ici est accueilli un sucré-salé d'un charme fou. L'alliance traditionnelle de la tomme de brebis, au blanc nacré si fruité, fin et délicat, et de la confiture de cerises noires, mêlée à la viande de bœuf et à la roquette donne naissance à un hamburger des plus gourmets. Pourquoi choisir entre la gastronomie hambourgeoise et la gastronomie basque ou béarnaise quand on peut fusionner les deux ?

Mignonne, allons voir si la mangue

Clafoutis à la mangue Kent et cardamome
crémeux fondant fruité crémeux humide agrume


    Pour son odeur sucrée, sa douceur, son onctuosité, j'aime la mangue. Si elle demeure exquise dégustée dans sa pureté, lorsque les dents viennent croquer sa tendresse et que son jus s'épanche de nos lèvres, une fois associée à un appareil à flan des plus crémeux et parfumé à la cardamome, ce bijou du manguier donne alors naissance à un clafoutis gourmand et délicat. 


Libres sont les banana breads

Banana bread à la cacahuète
moelleux fruité boisé


    Souvent impatiente, longue, parfois éternelle, s'avère l'attente du printemps. Cette période où l'hiver demeure présent mais laisse doucement place à la renaissance du monde. Cet entre-temps où le soleil se démasque de ses compagnons cirrus et cumulus, où l'air hiémal se réchauffe silencieusement au gré de ses envies, où les hibernants se raniment, se dégourdissent, où l'oiseau voyageur revient escorté d'une horde migratrice chevronnée, où Maia commence à fortifier la flore qui paisiblement émerge de son sommeil, où les bourgeons s'épanouissent, où les feuilles se développent, verdoient et apparaissent éclatantes de jeunesse.

    Alors quand la renaissance du monde reste attendue, souhaitée, désirée, réchauffons par la gourmandise notre cœur dans l'attente que le soleil révélé embrase délicatement notre peau dévoilée.


Brownie d'un commis voyageur

Fudgy brownie aux noisettes torréfiées et beurre aux cristaux de sel
fondant beurré dense chocolaté croquant boisé

    Il m'a fait fondre, ce brownie là, avec son air de roi. Dense, fondant, une croûte craquelée, un puissant goût chocolaté mêlé à du beurre salé, des noisettes torréfiées croquantes, il a tout pour vous séduire. Posez-y vos lèvres, croquez, laissez-vous envoûter.



Le cake est bleu comme une orange

Cake aux pommes Tentation, orange, carottes et noisettes
moelleux fondant fruité croquant boisé agrume


    Proche des saveurs et senteurs d'un carrot cake (ici ou ) et pourtant si singulier, ce cake se dévoile d'abord tout moelleux, tout doux, puis puissant grâce à ses humeurs d'agrume. Il s'accommode parfaitement avec un bon thé noir, mais s'apprécie aussi tout seul, un dimanche après-midi d'hiver.