Dessine-moi un macaron parisien.

Coques de macaron à la meringue française de Christophe Felder
croustillant fondant


    Macaron. A l'entente de ce nom mes sens s'expriment avec émoi. Emoi troublé. Emoi agréable. Emoi charmant. Délicieux émoi. Emoi gourmand. Impatient émoi.

    Si ma première rencontre gustative avec ces douceurs eut lieu peu après mes dix ans, ma première aventure technique eut lieu à mes quatorze ans. Déjà à l'époque je flânais dans une librairie quand ma flamme des macarons se révéla. Devant moi, mon tout premier livre de Christophe Felder, Les Meilleurs macarons, aux éditions Minerva.  Après de longues années à acheter des bonbons à la sortie de l'école, ce petit livre fut l'un des premiers ouvrages culinaires acheté avec mon argent de poche. Je me remémore avec plaisir et sourire le fier petit air qui me gagnait sur le chemin du retour, le précieux une fois mien. Côté papilles, j'avais choisi les macarons au cassis, avec une ganache seulement composée de chocolat blanc et de cassis frais. Bien que le chocolat blanc n'était déjà pas mon grand ami, l'idée du cassis me séduisit. Comme je me souviens de ma toute première fournée de macarons... un fragment de collerette par ci par là, une coque fendillée ici, une coque étalée là, une coque étalée fendillée sans collerette plus loin... de réussi par rapport à la recette, il n'y avait que la ganache, bien que trop sucrée à mon goût. Après cette première tentative, mes lectures étaient essentiellement consacrées aux macarons et régulièrement je m'y appliquais, après l'école, après le solfège ou l'orchestre, ou le week-end. Je m'y dévouais et parfois même j'abandonnais mes pensées d'adolescente, derrière moi.

    Depuis ces temps là, mon fanatique enthousiasme pour les macarons ne m'a pas quittée. Ô mais parfois quand l'humeur n'est pas là, une petite coque craquelle encore.

    Tandis que certains adoptent la meringue italienne, certains choisissent la meringue française et certains encore, moins souvent ou peut-être plus rarement, la meringue suisse. Ici, chez Gastelovore, nous naviguons entre l'italienne et la française, selon le vent. Tantôt l'italienne si notre attente de la petite douceur reste endurante à la préparation d'un sirop, tantôt la française quand nous virons de bord et que nous préférons incorporer le sucre à froid par paresse. Cependant, si la première est plus longue, la seconde est plus fragile... à vous donc de choisir.

    Contrairement à ce que nous pourrions penser, réaliser des macarons n'est pas sorcier mais cela requiert d'être aux petits soins. Videz-vous l'esprit et ne faites rien d'autre à côté. Soyez concentré, car organisation, calme et rigueur demeurent les maîtres mots lors de la préparation de ces délicates petites gâteries qui restent néanmoins capricieuses. Ne soyez pas pressés, prenez le temps de choisir des ingrédients de qualité que vous travaillerez avec un matériel précis et adéquat. Peut-être vos premières fournées seront-elles manquées, mais ce ne sera pas un échec car plus vous réaliserez de macarons, plus vous travaillerez, plus vous perfectionnerez vos connaissances et vos gestes. Alors inspirez, expirez, lancez-vous et régalez-vous.

La maison de la châtaigne-qui-pelote.

Cake aux deux pommes et à la châtaigne
moelleux humide fruité boisé fondant


    Comme le printemps semble déguisé en automne et quelque peu grognon, il est encore temps de profiter d'un gâteau aux saveurs de l'arrière-saison...

    Si moelleux, si fondant, si doux.

Le parfum : histoire d'un hamburger.

Hamburger de boeuf, Ossau-Iraty et confiture de cerises noires
moelleux carné fromager fruité


    Pourquoi choisir entre la gastronomie hambourgeoise et la gastronomie basque ou béarnaise quand on peut fusionner les deux ?

Mignonne, allons voir si la mangue.

Clafoutis à la mangue Kent et cardamome
crémeux fondant fruité crémeux humide agrume


    Pour son odeur sucrée, sa douceur, son onctuosité, j'aime la mangue. Si elle demeure exquise dégustée dans sa pureté, lorsque les dents viennent croquer sa tendresse et que son jus s'épanche de nos lèvres, une fois associée à un appareil à flan des plus crémeux et parfumé à la cardamome, ce bijou du manguier donne alors naissance à un clafoutis gourmand et délicat. 


Libres sont les banana breads

Banana bread à la cacahuète
moelleux fruité boisé


    Souvent impatiente, longue, parfois éternelle, s'avère l'attente du printemps. Cette période où l'hiver demeure présent mais laisse doucement place à la renaissance du monde. Cet entre-temps où le soleil se démasque de ses compagnons cirrus et cumulus, où l'air hiémal se réchauffe silencieusement au gré de ses envies, où les hibernants se raniment, se dégourdissent, où l'oiseau voyageur revient escorté d'une horde migratrice chevronnée, où Maia commence à fortifier la flore qui paisiblement émerge de son sommeil, où les bourgeons s'épanouissent, où les feuilles se développent, verdoient et apparaissent éclatantes de jeunesse.

    Alors quand la renaissance du monde reste attendue, souhaitée, désirée, réchauffons par la gourmandise notre cœur dans l'attente que le soleil révélé embrase délicatement notre peau dévoilée.


Brownie d'un commis voyageur

Fudgy brownie aux noisettes torréfiées et beurre aux cristaux de sel
fondant beurré dense chocolaté croquant boisé

    Il m'a fait craquer, ce brownie là (ici). Comme Thanh Berthou l'écrit, il reste le seul brownie dont nous avons besoin.

    Il règne.

    Après modifications et ajouts personnels, ce brownie demeure dense, fondant, à la croûte craquelée, au puissant goût chocolaté mêlé au beurre salé et au croquant des noisettes... il présente alors un caractère qui a tout pour vous séduire. Il ne vous reste plus qu'à y poser vos lèvres, à croquer et à vous laisser envoûter.



Le cake est bleu comme une orange

Cake aux pommes Tentation, orange, carottes et noisettes
moelleux fondant fruité croquant boisé agrume


    Proche des saveurs et senteurs d'un carrot cake (ici ou ) et pourtant si singulier, ce cake se dévoile d'abord tout moelleux, tout doux, puis puissant grâce à ses humeurs d'agrume. Il s'accommode parfaitement avec un bon thé noir, mais s'apprécie aussi tout seul, un dimanche après-midi d'hiver.