Vedette curseur

Une courge d'amour

Gâteau aux graines de courge torréfiées, abricots Bergeron rôtis et crème fouettée
moelleux fondant boisé laitier humide crémeux fruité mousseux aéré


    A merveille, les graines de courge, les abricots rôtis et la crème fouettée se marient. Dégusté d'abord seul, le gâteau se révèle être une gourmandise aux saveurs boisées uniques, qui étonne le palais - habitué aux amandes ou aux noisettes - et l'enchante. Dégusté avec un fragment d'abricot rôti, la légère acidité sucrée de l'abricot contraste avec la rondeur de la graine. Dégusté avec un brin de crème, c'est une ronde douceur qui s'offre à vous. Aucune raison alors de ne pas se laisser charmer.

    Et si, vous aussi, la générosité vous prend au moment de servir la crème fouettée, vous pourrez, comme nous, la déguster seule avec les doigts. 


Vingt mille lieues sous les chouquettes

Chouquettes au grué de cacao
moelleux aérien croquant cacaoté


    La pâtisserie est un art aux mille promesses. Douceur, réconfort, générosité, plaisir ou gourmandise demeurent après les années quelques unes de ses nombreuses paroles. Elle stimule chaque sens, du premier au dernier. Plus que les exciter elle les touche et les bouleverse. Elle émeut vos pupilles, trouble votre ouïe, attire vos narines, embrasse vos lèvres et charme vos papilles. La pâtisserie offre une part de magie, tant merveilleuse elle est.

    Les choux épousent cette singulière magie. Lorsque ces tendresses bronzent sous le soleil, ils se bombent tellement sous sa chaleur qu'ils semblent pouvoir croître éternellement. Et même si nous savons que ce gonflement est dû au changement d'état de l'eau présente dans la pâte en vapeur qui, cherchant à s'échapper va alors faire gonfler ces petits bonheurs, peut-être l'oublions-nous volontairement ou involontairement un instant pour toujours nous laisser porter par ce qui s'opère sous nos yeux scrutateurs. Un oubli pour une impressionnante émotion magique.

    Quand vous vous régalez de choux, vous vous régalez de magie.


La cerise au bois dormant

Clafoutis aux cerises Burlat
fruité crémeux laitier fondant boisé humide moelleux


    Les premiers jours après le solstice nous ont offert les derniers moments burlats. Rien de tel alors qu'un classique estival pour profiter des dernières pourpres adorées.

Astérix chez les Bretons

Tarte aux fraises de Plougastel, sarrasin et crème pâtissière
fruité acidulé croquant beurré boisé fondant humide crémeux


    J'aime à connaître l'histoire et les histoires de la gastronomie, l'histoire et les histoires culinaires. Celles des terroirs et celles des régions. Celles des peuples et celles des cultures. Celles des produits et celles des mets. Celles des chefs et celles des cheffes. De la découverte du feu à aujourd'hui, j'aime à connaître les origines, les évolutions, les tourments, les virages, les provenances, les anecdotes, les découvertes, les ères, les modes... Tellement que, quand, joyeusement, je croque dans une fraise, mon esprit se perd souvent à penser à Antoine Nicolas Duchesne, ce botaniste qui découvre par hasard en 1740 que l'association d'un fraisier du Chili, le Fragaria chiloensis, et d'un fraisier de Virginie, le Fragaria virginiana, donne des fraisiers ananas, le fameux Fragaria x ananassa, fraisiers dont découlent la plupart de nos fraises d'aujourd'hui. La ville de Plougastel profite d'ailleurs de cette hybride spontané pour en devenir le premier lieu de production... et ainsi naquit la "fraise de Plougastel".
    Cependant tout cela ne serait pas arrivé sans l'explorateur bien connu Jacques Cartier : c'est ce monsieur qui, au XVIe siècle, nous ramène des fraisiers de Virginie lors de ses explorations au Canada... Visionnaire peut-être, possiblement gourmand, ma foi je ne le connais pas personnellement. Mais tout cela ne se serait pas produit non plus sans Amédée François Frézier. Car cet ingénieur navigateur explorateur cartographe et botaniste qui porte bien son nom est l'homme qui nous rapporte en 1714 des plants de fraisiers du Chili. Certes, il nous remet des fraisiers mâles et infertiles, mais cela reste grâce à lui si des plants fécondables seront ramenés plusieurs décennies plus tard, plants qui participeront alors à l'inattendu hybride.

    J'aime à connaître l'histoire et les histoires. Tellement que, quand, joyeusement, je croque dans une fraise, mon esprit souvent remercie Jacques Cartier, Amédée François Frézier et Antoine Nicolas Duchesne.